vendre de l’art en Suisse

vendre de l’art en Suisse

Vendre une œuvre d’art en Suisse demande une certaine méthode. Contrairement à un objet courant, un tableau, une sculpture, une gravure ou une pièce de collection ne possède pas une valeur immédiatement évidente.

Son prix peut varier selon l’artiste, la période de création, la technique utilisée, l’état de conservation, la provenance, la rareté de l’œuvre et la demande actuelle sur le marché.

Avant de vendre, il est donc essentiel d’identifier correctement l’objet, de réunir les informations disponibles, d’obtenir une estimation sérieuse et de choisir le canal de vente le plus adapté.

Commencer par identifier l’œuvre

La première étape consiste à observer attentivement l’œuvre afin de relever tous les éléments permettant son identification.

Il convient notamment de vérifier :

  • la présence d’une signature ;
  • les inscriptions visibles au dos ;
  • une date de création ;
  • les cachets ou tampons ;
  • les étiquettes de galeries ;
  • un numéro d’édition ;
  • la nature du support ;
  • la technique utilisée ;
  • les dimensions exactes ;
  • les marques d’un atelier ou d’un fondeur.

Dans le cas d’un tableau, il est utile de préciser s’il s’agit d’une huile sur toile, d’une huile sur panneau, d’une aquarelle, d’une gouache, d’un dessin ou d’une technique mixte.

Pour une gravure, une lithographie ou une photographie, la présence d’un numéro d’édition peut avoir une importance particulière.

Une sculpture peut également comporter une signature, un cachet de fonderie, une numérotation ou une inscription située sous le socle.

Rechercher les documents liés à l’œuvre

Les documents accompagnant une œuvre peuvent contribuer à établir son origine et à renforcer sa valeur.

Il peut s’agir :

  • d’une facture d’achat ;
  • d’un certificat d’authenticité ;
  • d’un rapport d’expertise ;
  • d’un inventaire de succession ;
  • d’un catalogue d’exposition ;
  • d’un bordereau de vente aux enchères ;
  • d’une correspondance avec l’artiste ;
  • d’une ancienne photographie ;
  • d’un document provenant d’une galerie.

La provenance permet de retracer l’histoire de l’œuvre et de savoir comment elle est entrée dans une collection.

Dans le cas d’un héritage, il est fréquent que les informations soient incomplètes. Il peut alors être utile de consulter les archives familiales, les anciennes factures, les inventaires ou les photographies d’intérieur.

Les étiquettes fixées au dos d’un tableau, même anciennes ou abîmées, ne doivent pas être retirées. Elles peuvent contenir des informations utiles concernant une galerie, une exposition, un propriétaire précédent ou un transporteur spécialisé.

Éviter toute restauration avant l’expertise

Une œuvre ancienne ne doit pas être nettoyée ou restaurée sans l’avis d’un professionnel.

L’utilisation de produits ménagers, d’eau, de solvants ou de produits abrasifs peut détériorer la surface et diminuer la valeur de l’œuvre.

Pour un tableau, il faut éviter de :

  • nettoyer la toile avec un chiffon humide ;
  • repeindre les parties abîmées ;
  • appliquer un nouveau vernis ;
  • réparer soi-même une déchirure ;
  • retirer les anciennes étiquettes ;
  • remplacer le cadre avant l’examen.

Une sculpture ou un bronze ne doit pas non plus être excessivement nettoyé ou poli. La patine fait souvent partie intégrante de l’objet et peut contribuer à son intérêt artistique.

Il est préférable de présenter l’œuvre dans son état actuel. L’expert pourra ensuite déterminer si une restauration est nécessaire et si elle est économiquement pertinente.

Préparer de bonnes photographies

Une première estimation peut souvent être réalisée à partir de photographies.

Pour obtenir un avis aussi précis que possible, il est recommandé de transmettre :

  • une photographie générale de l’œuvre ;
  • une vue du dos ;
  • un gros plan de la signature ;
  • les inscriptions et étiquettes ;
  • les détails importants ;
  • les zones endommagées ;
  • le cadre ;
  • le socle ou la base pour une sculpture.

Les images doivent être nettes, prises avec une lumière naturelle et sans reflet excessif.

Il est également important d’indiquer les dimensions de l’œuvre sans le cadre, puis avec le cadre.

Pour une sculpture, il convient de préciser la hauteur, la largeur, la profondeur et, lorsque cela est possible, le poids approximatif.

Faire réaliser une estimation professionnelle

Une estimation permet de mieux comprendre la valeur potentielle d’une œuvre avant de prendre une décision.

Elle évite de vendre trop rapidement un objet intéressant à un prix insuffisant. Elle permet également de corriger une attente trop élevée lorsque la valeur réelle du marché est plus limitée.

Plusieurs critères sont généralement étudiés.

L’artiste

La notoriété de l’artiste joue naturellement un rôle important. Sa présence dans les galeries, les collections, les expositions et les ventes aux enchères influence directement sa cote.

Cependant, toutes les œuvres d’un même artiste n’ont pas la même valeur.

La période de création

Certaines périodes de la carrière d’un artiste sont plus recherchées que d’autres.

Une œuvre réalisée durant une période reconnue peut être plus intéressante qu’une création plus tardive, même lorsqu’elles portent toutes les deux la même signature.

L’authenticité

La signature seule ne suffit pas toujours à prouver l’authenticité d’une œuvre.

Le style, les matériaux, la technique, le support, la provenance et les documents doivent être cohérents avec le travail de l’artiste.

Pour certaines pièces importantes, une étude complémentaire ou l’avis d’un spécialiste peut être nécessaire.

L’état de conservation

L’état de l’œuvre influence son prix.

Une toile déchirée, un panneau fendu, une sculpture cassée ou une œuvre fortement restaurée peut subir une décote.

Toutefois, une œuvre endommagée peut conserver une valeur lorsqu’elle est rare, recherchée ou attribuée à un artiste reconnu.

Il n’est en art qu’une chose qui vaille : celle qu’on ne peut expliquer. Georges Braque

Le sujet représenté

Le sujet peut également avoir une influence.

Selon l’artiste, certains paysages, portraits, scènes urbaines, compositions abstraites ou natures mortes peuvent être davantage recherchés que d’autres.

Les dimensions

Les œuvres de grandes dimensions peuvent être impressionnantes, mais aussi plus difficiles à transporter, à stocker et à exposer.

À l’inverse, une œuvre de format plus réduit peut être plus facile à intégrer dans un intérieur et donc intéresser un plus grand nombre d’acheteurs.

La provenance

Une provenance claire peut renforcer la confiance de l’acheteur.

Une œuvre ayant appartenu à une collection connue, ayant été présentée lors d’une exposition ou reproduite dans un catalogue peut bénéficier d’un intérêt supplémentaire.

Choisir le mode de vente adapté

Il existe plusieurs façons de vendre une œuvre d’art en Suisse. Le bon choix dépend de la nature de l’œuvre, de sa valeur, du délai souhaité et du niveau d’accompagnement recherché.

Vendre directement à un professionnel

La vente à un professionnel permet généralement d’obtenir une proposition d’achat directe.

Cette solution peut être intéressante pour les personnes qui souhaitent :

  • vendre rapidement ;
  • bénéficier d’un avis spécialisé ;
  • éviter l’organisation d’une vente publique ;
  • conserver une certaine confidentialité ;
  • disposer d’un interlocuteur unique ;
  • faire examiner plusieurs objets au même endroit.

Le professionnel tient compte de la valeur estimée, de l’état de l’œuvre, de la demande et des possibilités de revente.

Une offre d’achat directe est donc généralement différente d’une estimation théorique ou d’un prix d’assurance.

Passer par une maison de vente aux enchères

Les enchères peuvent être adaptées aux œuvres susceptibles d’intéresser plusieurs collectionneurs.

Lorsque plusieurs acheteurs se positionnent sur le même lot, le prix peut progresser au-delà de l’estimation initiale.

Cette solution implique toutefois plusieurs éléments à prendre en compte :

  • les commissions ;
  • les frais de vente ;
  • le délai avant la vacation ;
  • les éventuels frais de photographie ;
  • le prix de réserve ;
  • le risque que l’œuvre ne soit pas vendue ;
  • le délai avant le paiement du vendeur.

Le montant annoncé lors de l’adjudication ne correspond pas toujours à la somme nette réellement perçue.

Confier l’œuvre à une galerie

Une galerie peut proposer une œuvre en dépôt lorsqu’elle correspond à sa spécialisation et aux attentes de sa clientèle.

Le vendeur reste généralement propriétaire jusqu’à la conclusion de la vente.

La galerie prélève ensuite une commission définie dans le contrat de dépôt.

Ce mode de vente peut être pertinent pour certaines œuvres modernes ou contemporaines, mais il nécessite parfois plusieurs semaines ou plusieurs mois.

Vendre entre particuliers

Il est aussi possible de proposer une œuvre sur une plateforme ou par l’intermédiaire de petites annonces.

Cette méthode donne davantage de liberté au vendeur, mais demande aussi plus de prudence.

Il faut notamment :

  • déterminer soi-même le prix ;
  • répondre aux acheteurs potentiels ;
  • organiser les visites ;
  • vérifier les moyens de paiement ;
  • prévoir l’emballage ;
  • organiser le transport ;
  • fournir des informations sur l’œuvre ;
  • gérer les éventuelles contestations.

Pour une œuvre de valeur, la remise ne doit avoir lieu qu’après confirmation définitive du paiement.

Les captures d’écran ou les simples confirmations envoyées par message ne constituent pas toujours une preuve suffisante.

Comprendre les différentes notions de valeur

Une même œuvre peut recevoir plusieurs évaluations différentes selon le contexte.

Il convient de distinguer :

La valeur d’assurance

Elle correspond généralement au coût estimé pour remplacer l’œuvre dans des conditions comparables.

Cette valeur peut être plus élevée que le prix réellement obtenu lors d’une vente.

L’estimation pour une vente aux enchères

Elle correspond à une fourchette de prix dans laquelle l’œuvre pourrait être adjugée.

Le résultat final dépendra du nombre d’acheteurs et de leur niveau d’intérêt le jour de la vente.

L’offre d’achat directe

Elle représente le montant qu’un professionnel est prêt à payer immédiatement.

Cette proposition tient compte des coûts, des risques, du stockage, du transport et des possibilités de revente.

Ces trois montants ne doivent donc pas être comparés comme s’ils représentaient exactement la même chose.

Comparer les propositions avec attention

Lorsqu’un vendeur reçoit plusieurs offres, il ne doit pas regarder uniquement le prix annoncé.

Il faut également vérifier :

  • si l’offre est ferme ;
  • si des frais seront déduits ;
  • le délai de paiement ;
  • le mode de paiement ;
  • la prise en charge du transport ;
  • les conditions de remise de l’œuvre ;
  • la présence d’un contrat ;
  • le caractère définitif ou conditionnel de la vente.

Une offre légèrement inférieure peut parfois être plus intéressante lorsqu’elle est claire, immédiate et sans frais supplémentaires.

Faire expertiser une collection complète

Lorsqu’une vente concerne plusieurs œuvres, il est préférable de présenter l’ensemble de la collection.

Une succession ou un déménagement peut réunir :

  • des tableaux ;
  • des dessins ;
  • des gravures ;
  • des sculptures ;
  • des bronzes ;
  • des photographies ;
  • des objets asiatiques ;
  • des céramiques ;
  • du mobilier ;
  • des livres anciens ;
  • des objets décoratifs.

Certains objets peuvent avoir peu de valeur individuellement, mais présenter un intérêt lorsqu’ils appartiennent à un ensemble cohérent.

Plusieurs œuvres peuvent également provenir du même artiste, du même atelier ou de la même galerie.

Il est donc préférable de ne pas disperser trop rapidement les objets avant leur examen.

Sécuriser la vente

La transaction doit être accompagnée d’un document précisant les principales caractéristiques de la vente.

Ce document peut indiquer :

  • l’identité du vendeur ;
  • l’identité de l’acheteur ;
  • une description de l’œuvre ;
  • le nom de l’artiste ou l’attribution ;
  • les dimensions ;
  • le prix convenu ;
  • la date ;
  • le moyen de paiement ;
  • les éventuelles réserves ;
  • les modalités de transport.

Pour une œuvre fragile, lourde ou de grande taille, il peut être nécessaire de faire appel à un transporteur spécialisé.

Un tableau ancien ne doit pas être emballé comme un objet ordinaire. Les variations de température, les chocs, l’humidité et la pression peuvent provoquer des dommages.

Rester vigilant face aux escroqueries

Une personne qui propose immédiatement un prix très élevé sans demander de photographies, de dimensions ou d’informations sur l’œuvre doit inciter à la prudence.

Certaines fraudes reposent sur une offre d’achat attractive, suivie d’une demande de paiement pour :

  • des frais de transport ;
  • une assurance ;
  • un certificat ;
  • des frais administratifs ;
  • un intermédiaire prétendument obligatoire.

Un véritable acheteur ne devrait pas demander au vendeur d’avancer des frais inhabituels pour recevoir son paiement.

Il faut également éviter de transmettre l’œuvre à un transporteur inconnu avant d’avoir vérifié l’identité de l’acheteur et la réception effective des fonds.

Vendre une œuvre reçue en héritage

Lorsqu’une œuvre provient d’une succession, il est important de vérifier que la vente peut être réalisée avec l’accord des personnes concernées.

Il est également conseillé de rechercher tous les documents pouvant retracer son histoire.

Une ancienne photographie, un inventaire, une facture ou une lettre peut parfois permettre d’identifier l’origine de l’œuvre.

Avant de vendre séparément plusieurs objets hérités, mieux vaut demander une estimation globale. La collection peut présenter une cohérence ou une provenance commune intéressante.

Quels types d’œuvres peuvent être vendus ?

De nombreuses catégories d’objets peuvent faire l’objet d’une estimation et d’une vente :

  • peintures anciennes ;
  • tableaux modernes ;
  • art suisse ;
  • œuvres contemporaines ;
  • aquarelles ;
  • dessins ;
  • lithographies ;
  • gravures ;
  • photographies ;
  • sculptures ;
  • bronzes ;
  • céramiques ;
  • objets asiatiques ;
  • objets religieux ;
  • arts décoratifs ;
  • curiosités ;
  • collections diverses.

Une œuvre non signée ne doit pas nécessairement être écartée.

La qualité de l’exécution, la technique, les matériaux, le sujet, le cadre et les inscriptions peuvent aider à déterminer son origine et sa période de création.

Bien préparer sa demande d’estimation

Pour faciliter l’analyse, il est recommandé de préparer une fiche simple pour chaque œuvre.

Elle peut contenir :

  • une photographie générale ;
  • le nom éventuel de l’artiste ;
  • la technique ;
  • les dimensions ;
  • une photographie de la signature ;
  • l’état de conservation ;
  • la provenance connue ;
  • les documents disponibles.

Il est préférable de signaler clairement les restaurations, les accidents et les incertitudes.

Une estimation sérieuse repose sur des informations précises et transparentes.

À qui s’adresser pour vendre de l’art en Suisse ?

GS & Fils propose un service consacré à l’estimation et à l’achat d’œuvres d’art en Suisse.

Les particuliers peuvent présenter des tableaux, sculptures, objets anciens, antiquités ou pièces de collection afin d’obtenir une première évaluation.

Pour découvrir ce service :

Estimation et achat d’art en Suisse avec GS & Fils

 

 

 

 

 

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